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Jardines de Francia


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lunes, julio 26, 2004 :::
 
Fuente: Le Figaro
Fecha: 9-7-04
Autora: Martine Gérardine

 
Le jardin en festival a Chaumont-sur-Loire

La treizième édition du Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire explore le thème du désordre

DÉCOUVERTE CES JARDINS QUI DÉBOUSSOLENT

 
Ce n'est plus un mystère pour personne. Notre monde organisé est le fruit d'une longue évolution qui l'a fait émerger des profondeurs du chaos originel. Et dans le continuum de la nature, l'homme n'est somme toute qu'un maillon récent, dont l'une des préoccupations majeures a été, dès l'origine, d'organiser l'espace autour de lui. Ainsi inventa-t-il le jardin, étape marquante de son odyssée planétaire. Car qu'est-ce qu'un jardin, si ce n'est l'expression, dans l'espace, de la relation de l'homme à la nature ? Vu sous cet angle, l'art des jardins peut donc être considéré comme l'aboutissement d'un long processus de réflexion, qui a conduit l'homme à représenter cette relation, au travers de ces créations parfaitement artificielles que sont les jardins, et dans une recherche constante d'harmonie.

Selon les époques et l'évolution des idées, les jardins ont été modelés par les courants esthétiques. Ils ont été le reflet des politiques et des phénomènes économiques. Et ils ont transmis la mémoire de leur temps. Notamment des découvertes scientifiques.

Fidèle à la fois à sa vocation créative et analytique, la treizième édition du Festival des jardins de Chaumont, dans le Loir-et-Cher, met toutes ces données en perspective. Il traite du chaos, dont la théorie, issue des mathématiques et de la physique, est sans doute la grande avancée scientifique de notre époque, puisqu'elle remet en cause, notamment, les certitudes de Laplace et de Newton sur le déterminisme de la nature. Dans le contexte du jardin, ce thème abstrait et un rien provocateur, choisi par Jean-Paul Pigeat, directeur du Festival, semble à première vue un défi allant à l'encontre de l'idée même que l'on se fait communément d'un espace jardiné, en tant que système ordonné, voire ordonnancé par l'homme. Pourtant, les vingt-cinq équipes de créateurs – paysagistes, architectes ou artistes venus des quatre coins du monde – qui se sont livrées au délicat exercice du jardin chaotique nous donnent brillamment la preuve que le chaos, loin d'être stérile, est formidablement créatif. Elles démontrent aussi que les théories scientifiques les plus hermétiques peuvent donner lieu à des jeux esthétiques susceptibles d'être appréciés par le plus grand nombre. Blackboulés dans le monde du désordre et des turbulences, soumis à l'effet papillon ou aux attracteurs étranges, les visiteurs de Chaumont ont en effet toutes les raisons de perdre le nord.Mais ils ont également de quoi s'interroger et réfléchir, comprendre notamment que les dispositions en apparence les plus aléatoires de la nature sont issues d'un certain ordre, fût-il incompréhensible. Ce qui ne les empêche pas pour autant, s'ils le désirent, de se laisser tout simplement séduire par les réalisations spectaculaires, mouvementées, colorées ou poétiques, que leur offre le festival.

Et peut-être de s'en inspirer en semant chez eux des idées d'avant-garde. Car ce n'est pas le moindre des mérites de Chaumont que de pouvoir parler à chacun le langage de plaisir qu'il veut entendre. Celui, tout bêtement contemplatif, du volubilis s'élançant vers le ciel, de l'eau qui tourbillonne ou des nouveaux massifs très réussis qui agrémentent le parcours entre les jardins. Celui, plus intellectuellement délectable, de la suite de Fibonacci qui induit le mouvement en spirale, ou des fractales qui fractionnent infiniment l'espace... C'est la raison pour laquelle la visite de ce festival est toujours enrichissante.

Elle nous entraîne, cette année, dans de troublantes nébuleuses, dans un manège étourdissant, énigmatique, où science, art et nature rivalisent d'imagination. Dans un ailleurs plein d'humour, d'insolite et de surprises où les trouvailles les plus avancées de l'esprit humain empruntent, pour se faire comprendre, les instruments de la sensibilité : le dessin, la couleur, l'eau et les fleurs.Elle démontre enfin que les jardins sont les plus convaincants interprètes de l'actualité scientifique et de l'intelligence.



::: Noticia generada a las 11:14 AM


martes, julio 13, 2004 :::
 
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Fuente: Radio France Internationale
Fecha: 6-7-04
Autor: Dominique Raizon


La mémoire prestigieuse du jardin du Luxembourg

L’exposition rend hommage à quatre cents années de tradition horticole dans ce jardin, une tradition héritée des moines chartreux qui, au XVIIIe siècle, constituent une pépinière réputée dans la France entière et dans tout le monde occidental. Le visiteur est convié à remonter le temps sur 500 mètres carrés mis en scène pour retracer de manière ludique une histoire trop longtemps oubliée. Sur le Luxembourg, furent érigés le premier camp romain, le premier château d’un roi capétien, et le premier monastère Chartreux en proximité de ville; puis, au XVIIe siècle, Marie de Médicis y fit élever un vaste palais et construire un jardin au voisinage même de la Chartreuse. Ce n’est que depuis la Révolution que le jardin est devenu public, et qu’y siège la deuxième chambre du Parlement.

Le Sénat, aujourd’hui propriétaire de ce vaste jardin situé en plein cœur de Paris, s’efforce avec beaucoup de soin d’entretenir celui-ci dans le respect des traditions horticoles dont il a hérité, à la fois des différentes personnalités royales qui l’ont marqué de leur empreinte, mais aussi des moines chartreux. Si la chartreuse de Vauvert disparaît à la Révolution, le patrimoine technique et les variétés que les moines cultivaient ont été préservés, et leur savoir-faire continue même d’y être enseigné en cours du soir depuis 1809.

L’entreprise horticole continue de produire chaque année plus de 140 000 plantes à massifs et 7 500 potées fleuries et plantes vertes. Le jardin du Luxembourg est également responsable des collections de plantes à serres de réputation internationale, dont la plus digne d’intérêt est certainement la collection d’orchidées, une des plus anciennes d’Europe, dont la Conservation compte plus de 1 000 espèces. Il compte également un verger conservatoire de variétés et de formes fruitières comportant plus de 600 variétés de pommes et de poires, collections axées sur les variétés anciennes, héritage direct des Chartreux. C'est, en outre, le seul endroit de Paris où se trouve un rucher école.

Du Mons Leucotitius à Robert Le Pieux

L’exposition propose une lecture de l’histoire du Luxembourg en six chapitres, le premier étant consacré au Mons Leucotitius, un site gallo-romain qui abritait à cet emplacement de riches villas au IIIe siècle après JC. Dans la première salle, la reconstitution d’un atrium rappelle que, sur la façade ouest de l’actuel palais, des fouilles ont permis de mettre à jour les fondations d’une villa gallo-romaine, probablement édifiée vers la fin du Ier siècle de notre ère. Les vases en verre ou en céramique, les manches de miroirs, les bijoux raffinés étaient sans doute destinés à de riches gallo-romaines, et les vestiges dans leur ensemble laisse imaginer qu’à cet endroit se situait un quartier élégant de Lutèce.

Il suffit de franchir une porte, et de lire quelques panneaux qui jouxtent une cotte de maille, pour se retrouver à pieds joints en 1016, à l’heure où Paris est rattachée au domaine royal par Robert II dit Robert Le Pieux, fils de Hughes Capet (970-1031). On apprend alors que c’est au milieu des vignes et des prairies, au sud-ouest de l’actuel jardin, qu’est érigée l’une des toutes premières résidences royales de Paris. L’environnement de verdure vaut à la propriété son nom de baptême «le château de Vauvert». Mais après la mort du roi, le château tombe en ruines, et le lieu devient un véritable repaire de brigands et de mendiants; «la marginalité du château de Vauvert va perdurer plus d’un siècle et donner naissance à une expression populaire qui a traversé les siècles jusqu’à nos jours «aller au diable Vauvert» explique l’historienne Pauline Delafon dans deux très beaux ouvrages édités pour l'occasion, «Mémoire du Luxembourg»(éd.Paris-musées), et «Un jardin de chartreux» (éd Glénat).

Du «diable Vauvert » à l’Elixir des Chartreux

Le visiteur s’engage alors dans un petit couloir sombre, où de par et d’autre, des sorcières côtoient des filles de joie dans un environnement sonore de cris et de bruits inquiétants, puis il débouche dans la lumière, au milieu du XIIIe siècle, au clos des Chartreux. Il est alors rappelé que nous sommes sous Louis IX. Le roi, soucieux d’attirer les ordres religieux vers sa ville, demande aux moines, dont il admire les règles de vie, de venir s’établir à proximité.

Une quarantaine de moines prend donc possession des ruines du château de Vauvert en 1257 pour mener une vie contemplative. Un film en 3D relief retrace toutes les activités de ces Pères Chartreux: agriculture, forge, coupe de bois, pharmacopée, fabrication de liqueurs. «Comme tout monastère, la chartreuse dispose d’un potager fournissant légumes et herbes médicinales pour les besoins des moines, mais la particularité de Vauvert est la création au sein de l’enclos, d’un verger exceptionnel qui va rapidement faire l’admiration de tous, pépiniéristes professionnels ou amateurs. A l’origine, il s’agit d’un verger traditionnel dont les moines tirent fruits et feuilles variés pour les frères cuisiniers et apothicaires. Ce verger connaîtra un développement extraordinaire au XVIIe siècle» rappelle Pauline Delafon, historienne.

En 1612, Marie de Médicis, veuve de Henri IV, acquiert le Petit Luxembourg car, comme le veut la tradition depuis le «Moyen-Age, la coutume veut que les reines veuves se retirent dans un monastère ou acquièrent des hôtels qu’elles embellissent à leur gré». Leur fils, Louis XIII n’est alors âgé que de huit ans, et la reine, régente du royaume jusqu’à la majorité du petit roi, se trouve mal logée au Louvre. Elle se fait construire un vaste palais au voisinage de la Chartreuse, aux limites de la ville, entre les clos de vignes, les vergers et les prairies qui dépendent des abbayes voisines.

«Autour de son palais, Marie de Médicis se fait réaliser un jardin italien, ce qui est nouveau à Paris. Elle l’a voulu à l’image de celui du palais Piti de Florence (ndlr :en Italie) (…) or ce jardin florentin n’est pas seulement un ornement. (…)Elle y fait planter dès 1612 des ormes et ormillons qu’elle fait venir par milliers des forêts d’Orléans». Elle fait dessiner les parterres et les broderies à un «intendant des plans et jardins» du roi Henri IV, Jacques Boyceau de la Barauderie. Le jardin s’ouvre alors vers le sud, mais la reine ne parviendra jamais à s’annexer la propriété des Chartreux. Les pages d’histoire se tournent, la reine tombe en disgrâce, mais continue à prendre soin de son jardin.

25 hectares de verdure au cœur de Paris

Ensuite, «Quand Louis XIV hérite du palais de la duchesse de Guise en 1696 (…) il y envoie André Le Nôtre», célèbre pépiniériste de la cour de Versailles. «Le jardin des Chartreux diffère totalement de celui de la reine. Les moines y cultivent de nombreuses plantes médicinales (…) il s’occupent également d’un potager (…) mais c’est surtout le verger des chartreux qui, à toutes les époques, va susciter l’admiration des pépiniéristes et des simples amateurs». En ce début de XVIIIe siècle, la science du jardinage et l’arboriculture sont en plein essor et les chartreux sont à la pointe dans ce domaine. Leurs arbres fruitiers sont exportés jusqu’en Pologne et aux Etats-Unis.

Avec la Révolution, la Chartreuse disparaît, mais pas la «Chartreuse verte», le fameux élixir digestif élaboré par les moines apothicaires du XVIIIe siècle à partir de plantes médicinales (et qui continue d’ailleurs à séduire aujourd’hui un million d’amateurs dans le monde entier !). Installé au palais du Luxembourg depuis 1879, le Sénat s’est vu confié la gestion, la surveillance et la conservation du jardin, devenu officiellement public au lendemain de la Révolution. Le jardin d’ornementation, est-il expliqué au visiteur, «s’est étendu au XIXe sur une partie de l’ancien domaine horticole des chartreux, devenu pépinière impériale du Luxembourg après la fermeture des couvents en 1790».

Si la superficie actuelle du domaine qui s’étend sur environ 25 hectares correspond à peu près à celle des patientes acquisitions de Marie de Médicis, sa configuration a donc beaucoup changé. Jusqu’à fin juillet, l’exposition sensibilise ainsi le visiteur à la réconciliation des deux jardins: celui des Chartreux, «agreste, expérimental et rayonnant dans toute l’Europe» ; celui de Marie de Médicis, «plus formel et urbain, marquant la naissance de l’un des aspects majeurs de l’art français».



::: Noticia generada a las 12:45 PM


 
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Fuente: Radio France Internationale
Fecha: 6-7-04
Autor: Dominique Raizon


La mémoire prestigieuse du jardin du Luxembourg

L’exposition rend hommage à quatre cents années de tradition horticole dans ce jardin, une tradition héritée des moines chartreux qui, au XVIIIe siècle, constituent une pépinière réputée dans la France entière et dans tout le monde occidental. Le visiteur est convié à remonter le temps sur 500 mètres carrés mis en scène pour retracer de manière ludique une histoire trop longtemps oubliée. Sur le Luxembourg, furent érigés le premier camp romain, le premier château d’un roi capétien, et le premier monastère Chartreux en proximité de ville; puis, au XVIIe siècle, Marie de Médicis y fit élever un vaste palais et construire un jardin au voisinage même de la Chartreuse. Ce n’est que depuis la Révolution que le jardin est devenu public, et qu’y siège la deuxième chambre du Parlement.

Le Sénat, aujourd’hui propriétaire de ce vaste jardin situé en plein cœur de Paris, s’efforce avec beaucoup de soin d’entretenir celui-ci dans le respect des traditions horticoles dont il a hérité, à la fois des différentes personnalités royales qui l’ont marqué de leur empreinte, mais aussi des moines chartreux. Si la chartreuse de Vauvert disparaît à la Révolution, le patrimoine technique et les variétés que les moines cultivaient ont été préservés, et leur savoir-faire continue même d’y être enseigné en cours du soir depuis 1809.

L’entreprise horticole continue de produire chaque année plus de 140 000 plantes à massifs et 7 500 potées fleuries et plantes vertes. Le jardin du Luxembourg est également responsable des collections de plantes à serres de réputation internationale, dont la plus digne d’intérêt est certainement la collection d’orchidées, une des plus anciennes d’Europe, dont la Conservation compte plus de 1 000 espèces. Il compte également un verger conservatoire de variétés et de formes fruitières comportant plus de 600 variétés de pommes et de poires, collections axées sur les variétés anciennes, héritage direct des Chartreux. C'est, en outre, le seul endroit de Paris où se trouve un rucher école.

Du Mons Leucotitius à Robert Le Pieux

L’exposition propose une lecture de l’histoire du Luxembourg en six chapitres, le premier étant consacré au Mons Leucotitius, un site gallo-romain qui abritait à cet emplacement de riches villas au IIIe siècle après JC. Dans la première salle, la reconstitution d’un atrium rappelle que, sur la façade ouest de l’actuel palais, des fouilles ont permis de mettre à jour les fondations d’une villa gallo-romaine, probablement édifiée vers la fin du Ier siècle de notre ère. Les vases en verre ou en céramique, les manches de miroirs, les bijoux raffinés étaient sans doute destinés à de riches gallo-romaines, et les vestiges dans leur ensemble laisse imaginer qu’à cet endroit se situait un quartier élégant de Lutèce.

Il suffit de franchir une porte, et de lire quelques panneaux qui jouxtent une cotte de maille, pour se retrouver à pieds joints en 1016, à l’heure où Paris est rattachée au domaine royal par Robert II dit Robert Le Pieux, fils de Hughes Capet (970-1031). On apprend alors que c’est au milieu des vignes et des prairies, au sud-ouest de l’actuel jardin, qu’est érigée l’une des toutes premières résidences royales de Paris. L’environnement de verdure vaut à la propriété son nom de baptême «le château de Vauvert». Mais après la mort du roi, le château tombe en ruines, et le lieu devient un véritable repaire de brigands et de mendiants; «la marginalité du château de Vauvert va perdurer plus d’un siècle et donner naissance à une expression populaire qui a traversé les siècles jusqu’à nos jours «aller au diable Vauvert» explique l’historienne Pauline Delafon dans deux très beaux ouvrages édités pour l'occasion, «Mémoire du Luxembourg»(éd.Paris-musées), et «Un jardin de chartreux» (éd Glénat).

Du «diable Vauvert » à l’Elixir des Chartreux

Le visiteur s’engage alors dans un petit couloir sombre, où de par et d’autre, des sorcières côtoient des filles de joie dans un environnement sonore de cris et de bruits inquiétants, puis il débouche dans la lumière, au milieu du XIIIe siècle, au clos des Chartreux. Il est alors rappelé que nous sommes sous Louis IX. Le roi, soucieux d’attirer les ordres religieux vers sa ville, demande aux moines, dont il admire les règles de vie, de venir s’établir à proximité.

Une quarantaine de moines prend donc possession des ruines du château de Vauvert en 1257 pour mener une vie contemplative. Un film en 3D relief retrace toutes les activités de ces Pères Chartreux: agriculture, forge, coupe de bois, pharmacopée, fabrication de liqueurs. «Comme tout monastère, la chartreuse dispose d’un potager fournissant légumes et herbes médicinales pour les besoins des moines, mais la particularité de Vauvert est la création au sein de l’enclos, d’un verger exceptionnel qui va rapidement faire l’admiration de tous, pépiniéristes professionnels ou amateurs. A l’origine, il s’agit d’un verger traditionnel dont les moines tirent fruits et feuilles variés pour les frères cuisiniers et apothicaires. Ce verger connaîtra un développement extraordinaire au XVIIe siècle» rappelle Pauline Delafon, historienne.

En 1612, Marie de Médicis, veuve de Henri IV, acquiert le Petit Luxembourg car, comme le veut la tradition depuis le «Moyen-Age, la coutume veut que les reines veuves se retirent dans un monastère ou acquièrent des hôtels qu’elles embellissent à leur gré». Leur fils, Louis XIII n’est alors âgé que de huit ans, et la reine, régente du royaume jusqu’à la majorité du petit roi, se trouve mal logée au Louvre. Elle se fait construire un vaste palais au voisinage de la Chartreuse, aux limites de la ville, entre les clos de vignes, les vergers et les prairies qui dépendent des abbayes voisines.

«Autour de son palais, Marie de Médicis se fait réaliser un jardin italien, ce qui est nouveau à Paris. Elle l’a voulu à l’image de celui du palais Piti de Florence (ndlr :en Italie) (…) or ce jardin florentin n’est pas seulement un ornement. (…)Elle y fait planter dès 1612 des ormes et ormillons qu’elle fait venir par milliers des forêts d’Orléans». Elle fait dessiner les parterres et les broderies à un «intendant des plans et jardins» du roi Henri IV, Jacques Boyceau de la Barauderie. Le jardin s’ouvre alors vers le sud, mais la reine ne parviendra jamais à s’annexer la propriété des Chartreux. Les pages d’histoire se tournent, la reine tombe en disgrâce, mais continue à prendre soin de son jardin.

25 hectares de verdure au cœur de Paris

Ensuite, «Quand Louis XIV hérite du palais de la duchesse de Guise en 1696 (…) il y envoie André Le Nôtre», célèbre pépiniériste de la cour de Versailles. «Le jardin des Chartreux diffère totalement de celui de la reine. Les moines y cultivent de nombreuses plantes médicinales (…) il s’occupent également d’un potager (…) mais c’est surtout le verger des chartreux qui, à toutes les époques, va susciter l’admiration des pépiniéristes et des simples amateurs». En ce début de XVIIIe siècle, la science du jardinage et l’arboriculture sont en plein essor et les chartreux sont à la pointe dans ce domaine. Leurs arbres fruitiers sont exportés jusqu’en Pologne et aux Etats-Unis.

Avec la Révolution, la Chartreuse disparaît, mais pas la «Chartreuse verte», le fameux élixir digestif élaboré par les moines apothicaires du XVIIIe siècle à partir de plantes médicinales (et qui continue d’ailleurs à séduire aujourd’hui un million d’amateurs dans le monde entier !). Installé au palais du Luxembourg depuis 1879, le Sénat s’est vu confié la gestion, la surveillance et la conservation du jardin, devenu officiellement public au lendemain de la Révolution. Le jardin d’ornementation, est-il expliqué au visiteur, «s’est étendu au XIXe sur une partie de l’ancien domaine horticole des chartreux, devenu pépinière impériale du Luxembourg après la fermeture des couvents en 1790».

Si la superficie actuelle du domaine qui s’étend sur environ 25 hectares correspond à peu près à celle des patientes acquisitions de Marie de Médicis, sa configuration a donc beaucoup changé. Jusqu’à fin juillet, l’exposition sensibilise ainsi le visiteur à la réconciliation des deux jardins: celui des Chartreux, «agreste, expérimental et rayonnant dans toute l’Europe» ; celui de Marie de Médicis, «plus formel et urbain, marquant la naissance de l’un des aspects majeurs de l’art français».



::: Noticia generada a las 12:45 PM


domingo, julio 04, 2004 :::
 
Fuente: Le Figaro
Fecha:2-7-04
Autora: Marie-Douce Albert


EXPOSITION Au Musée Albert-Kahn
Les jardins de l'univers préservé


Depuis les temps les plus anciens, les Chinois ont su capturer le monde entier et le préserver entre quatre hauts murs blancs. Hors des tracas et du bruit, ils ont su faire s'élever des montagnes, couler des rivières, pousser des forêts et ainsi se créer des jardins subtils. Ces univers recomposés, on peut aujourd'hui en goûter l'harmonie préservée en faisant une escapade au jardin du Lettré, l'exposition proposée jusqu'au 17 octobre par le Musée départemental Albert-Kahn, à Boulogne (Hauts-de-Seine), dans le cadre de l'Année de la Chine en France.


Si on trouve de premières traces de jardins en Chine il y a trois mille ans, le style si parfait et si maîtrisé du jardin du Lettré s'élabore sous la dynastie des Tang (VIIe-Xe siècles). «L'exposition traite de ce type en particulier, et surtout dans la province du Jiangsu qui fut le berceau du jardin en Chine», explique en préambule Sophie Couëtoux, l'un des commissaires de l'exposition, avant de brosser le portrait de ces érudits chinois qui savaient si bien mettre les éléments au service de leur élévation d'esprit : «Le lettré, c'est le mandarin, le fonctionnaire. Il est peintre et calligraphe. Il a le plus haut rang dans la hiérarchie sociale car il est dépositaire de la culture.»


Le Musée Albert-Kahn ne pouvait planter dans ses salles un jardin (il en possède, de toute façon, déjà un magnifique), «mais nous avons essayé de donner un esprit d'évasion», précise Sophie Couëtoux. Dans le décor dressé par le commissaire scénographe Che Bing Chiu, on découvre des oeuvres d'art venues de sept musées du Jiangsu et beaucoup de tentantes images. Et l'on fait ainsi par petites touches connaissance avec ce lettré, cet homme qui trace patiemment les caractères de ses poèmes alors que les fenêtres ouvragées de son cabinet ouvrent sur une minutieuse reconstitution de la nature à grands renforts de rochers torturés, de paisibles pièces d'eau et de bosquets de bambous.


On l'imagine méditant sur le monde en déambulant sous des galeries ou en traversant de ravissants petits ponts. On le trouve quêtant la sérénité en faisant des pèlerinages miniatures dans des espaces parfois tout petits mais parsemés de tours et de détours, de portes de lune, de murs paravents et de chemins escarpés. On le voit installé sous les toits retroussées de jolis pavillons en compagnie de gens de sa condition et s'adonnant à des joutes verbales de préférence arrosées.


Ces endroits merveilleux plantés de pivoines charnues et de petits érables rouges peuvent aussi alors apparaître comme un résumé de la Chine ancestrale. Le visiteur étranger, nourri d'images de l'empire du Milieu des mandarins et des joueuses de luth, retrouve tous ses fantasmes, par exemple entre les murs du très raffiné jardin du Maître des filets, à Suzhou. Pas très loin de Shanghaï, la frénétiquement moderne.


«Le Jardin du Lettré, synthèse des arts en Chine», au Musée Albert-Kahn, 14, rue du Port à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) jusqu'au 17 octobre.










::: Noticia generada a las 2:22 PM




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